De l’erreur chez Proust

Alberto Beretta Anguissola






En tant que roman de formation de l'artiste, À la recherche du temps perdu est entièrement structuré sur l'antithèse entre l'apparence et la vérité. Le Narrateur, qui au début est très jeune mais à la fin est assez âgé et très malade, fait un long parcours où chaque étape est une erreur surmontée. Si dès le début il possédait la vérité, il n'y aurait aucune Bildung. L'erreur est donc nécessaire pour qu'il puisse y avoir une "recherche"; mais la vérité est, elle aussi, nécessaire, parce qu'on ne pourrait pas chercher de réponses aux grandes questions concernant le sens de la vie si on était convaincu que cette signification n'existe pas et que sa recherche ne donnera aucun fruit. Pour trouver un chemin dans le grand labyrinthe des erreurs, cette analyse a été divisée en trois moments successifs: phénoménologie de l'erreur (qui est tout simplement un recueil raisonné des erreurs les plus importantes et les plus amusantes faites par les différents personnages du roman), ontologie de l'erreur (qui cherche à éclaircir quelles sont les principales dynamiques qui produisent des erreurs), métaphysique de l'erreur (où l'on se demande à quels besoins profonds de l'être humain répond le "plaisir de l'erreur"). La communication se termine par une citation tirée d'une lettre de Proust à Ernst Robert Curtius, dans laquelle l'écrivain dit qu'il ne faut pas avoir peur d'aller trop loin, car la vérité est au-delà.